Solo pour deux spectateur·rice·s (2017)

On pourrait appeler A Hand’s Turn une séance privée pour deux spectateur·rice·s ; c’est un geste, subtilement chorégraphique, qui associe un livre et une performeuse. Dans la première partie de cette pièce — solo, bien qu’en référence à une pluralité de présences — la performeuse déplie les pratiques de lecture en tournant les pages de droite à gauche en un flux régulier et continue, proposant une durée, une trajectoire, un récit. La répétition du mouvement linéaire des mains s’accorde avec le va-et-vient des yeux qui scannent le contenu et la surface des pages. L’itinéraire oculaire, le décryptage des signes, le temps et la temporalité créés par le mouvement des mains, l’espacement des pages ; tout ceci déconstruit et réassigne la fonction du regard. Dans la deuxième partie de la rencontre, la performeuse danse dos au public, utilisant un petit miroir à main pour guider le regard des spectateur·ice·s dans l’acte de voir. Après la séance, on peut acquérir le livre, retracer sa propre expérience, observer ses propres pratiques du regard – et, dans une certaine mesure, se voir soi-même dans le spectacle.

Depuis 2020, A Hand’s Turn a rejoint la collection de la fondation KADIST.

Durée: 25 minutes

Concept, chorégraphie et texte: Lenio Kaklea
Interprétation en alternance: Jackie Elder, Lenio Kaklea
Collaboration artistique: Lou Forster
Traductions et relectures: Eleni Tranouli
Décor: Sotiris Vasiliou
Son: Eric Yvelin
Costume: Lenio Kaklea
Production: Athens and Epidaurus Festival, 2017
Production exécutive: abd

Photos: Ayra Dil, Emmanuelle Ayart, Martin Argyrogio

Concept, texte: Lenio Kaklea
Collaboration curratoriale: Lou Forster
Design: Studio Lialios Vazoura
Collaboration texte et traductions: Eleni Tranouli
Révision: Macklin Kowal

Publié par Big black black mountain the darkness never ever comes